|
2013. Un atelier «papier»
Danièle Schiffmann ne refuse jamais de livrer ses secrets de fabrication.
Elle les a d’ailleurs décrits dans un beau livre édité en 2001,
riche également de témoignages de ses amis artistes, devant qui elle œuvre
et parle sans faire mystère - si ce n’est du mystère essentiel.
C’est donc tout naturellement, et avec sa générosité habituelle,
qu’elle a proposé aux membres de La Terre est bleue de les initier
à ses techniques au cours d’un atelier «papier».
Pour commencer, elle leur a montré son livre, divers documents et certaines
de ses œuvres de papier pour leur faire observer le détail des textures.
«Je verse la pulpe sur mes chassis. La pulpe fait son travail,
l’eau fait son travail, moi, j’observe... Mon imaginaire guide mes gestes.
La dérive continue de m’étonner, elle me conduit vers des rivages inconnus,
je m’y abandonne. L’oeuvre se fait. Je veux l’équilibre et la dérive,
et le presque monochrome m’y aide.
Et les recherches et l’expression en sont infinies...
C’est très physique parce que le papier, je ne peux pas le faire à moitié.
Je dois finir l’oeuvre que j’ai commencée, dans son geste.
Il n’y a pas de reprises possibles. Maintenant je travaille à l’horizontale,
des heures à canaliser l’eau.
Cela me fait penser au travail que je faisais autrefois avec la soie,
des heures à tisser.
L’abandon et la retenue, l’abandon en même temps que la tension,
cela me ressemble.»
Danièle Schiffmann, HD Nick, Editions Trajectoires
|
|
|
|
|
|
|
|
Tous droits réservés La Terre est bleue © V.02/2017 |