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2011. Rendez-vous aux jardins
Bambois
«Janvier 1966
Nous quittons Targoutte, et nous montons nous installer à Bambois,
qu’Ancel vient de quitter. Enfin nous voici dans une maison
qui est une vraie ferme, humide, délabrée, pas d’eau courante
mais on s’en fiche. C’est la nôtre, nous allons y travailler
et quel domaine tout autour ! [...]
Un paysage varié avec, tout à coup, la surprise d’une petite vallée cachée
et au fond son torrent, avec un bois de pins sylvestres moutonnant
de buissons de myrtilles, harmonieux comme un parc
avec son sentier à méandres qui doucement
vous conduit vers un nouveau bois de bouleaux...»
«Nous lisons. Nous fumons des petits cigares. Pagel se tourmente :
« Je me suis trahi. Ah, mes vagabondages ! »
Puis il part cueillir les cerises.
Il en revient, le soir, apaisé, comme si le commerce des arbres
et des branches hautes lui avaient laissé leur sérénité sédentaire. […]
La nuit est tombée. Nous nous déshabillons,
nus sur le pas de la porte avec innocence.
Nous sommes seuls sur cette pente de la montagne à vivre et à dormir.
Nous sommes heureux comme des vagabonds.
Ce bien être vient d’une liberté, celle du dénuement.»
Claudie Hunzinger, Bambois
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