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2019. Un rond dans l'herbe
Au cours du repérage qu'ils avaient fait la veille ensemble
des différents espaces d'Un jardin philosophe,
Marco avait fait un très grand plaisir à Catherine
en lui disant que l'enclos qu'il préférait était celui
du "labyrinthe". Il en appréciait la simplicité du dessin,
le naturel de la végétation, les belles lumières et les vieux arbres.
Trois poiriers et un cerisier portant les stigmates
de leurs souffrances : sur l'un, la plaie laissée par le passage
de la foudre, sur l'autre, la "scoliose" du tronc
due à sa quête de lumière, dont le privent les grands hêtres voisins ;
sur tous, les nodosités, les mousses et les lichens dus à leur grand âge.
Pourtant tous quatre produisent encore des fruits.
Et leurs silhouettes tourmentées traduisent, comme des sculptures,
le cheminement dans la vie, symbole du labyrinthe.
Leur beauté, et la sérénité du lieu sont soulignées
dans les lumières du matin, ou de fin d'après-midi.
Trinul l'ermite-président était venu un jour de juin sans lumière.
Lui même n'en avait pas. Il s'indigna qu'on qualifie de labyrinthe
un simple rond tracé dans l'herbe à la tondeuse, et qu'on puisse
exposer les visiteurs au danger présenté par les branches
de ces vieux arbres, que l'on ferait bien d'élaguer...
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